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L'effet pervers des oméga-3

L'effet pervers des oméga-3

Mise à jour le mardi 17 mars 2009 à 10 h 45

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Poissons

Photo: La Presse Canadienne /AP Photo/South Atlantic Fishery Management Council

L'engouement pour les acides gras oméga-3 dans l'alimentation, notamment pour prévenir les maladies cardiovasculaires, a des effets néfastes sur les stocks de poissons. C'est ce qu'indique une étude publiée dans le Journal de l'Association médicale canadienne.

L'étude est dirigée par le Dr David Jenkins, professeur à la faculté de médecine de l'Université de Toronto, Hôpital St. Michael. Elle soutient que les effets bénéfiques des oméga-3 pour la santé sont peut-être moins grands que le risque d'épuisement des stocks.

Elle souligne que les prises sont en constant déclin depuis la fin des années 1980. La menace ne serait donc pas seulement de nature environnementale, mais aussi de nature économique, puisque l'industrie des pêches souffrirait d'un épuisement de la ressource.

Cela, sans compter l'effet sur les populations de pays en développement, dont l'alimentation est souvent constituée de poisson.

L'aquaculture: une distraction

L'étude souligne en outre que l'élevage de poissons, souvent vu comme une solution pour protéger les populations marines, n'est pas nécessairement une bonne solution de rechange.

En effet, les poissons élevés en aquaculture sont généralement carnivores (saumon, thon, bar) et sont nourris de plus petits poissons. L'industrie de l'aquaculture ne peut donc pas éliminer les produits dérivés de l'industrie de la pêche.

L'étude s'attarde également aux effets néfastes de l'aquaculture sur l'environnement, comme la prolifération d'algues et de parasites.

Vraiment essentiels?

Le professeur David Jenkins

Le professeur David Jenkins

L'étude du professeur Jenkins avance par ailleurs l'hypothèse que les affirmations selon lesquelles la consommation d'oméga-3 est essentielle pour une bonne santé ne sont peut-être pas aussi vraies qu'on le pense.

Elle souligne que, même si de nombreuses recherches démontrent ces effets bénéfiques, les personnes qui mangent du poisson tendent généralement à avoir de saines habitudes de vie: bonne alimentation, activité physique, peu de tabagisme, etc. Elle ajoute que les populations qui consomment beaucoup de poisson (les populations côtières, par exemple) mènent peut-être une vie plus active que les populations citadines.

L'étude souligne également que la présence de produits chimiques, comme le mercure, dans certains poissons peut s'avérer néfaste pour la santé.

Solutions de rechange

Selon l'étude, la protection des stocks de poisson passe notamment par l'industrie agroalimentaire. Elle explique qu'il est maintenant possible de produire des acides gras oméga-3 d'origine végétale (à partir de plantes, d'algues, de levure ou d'autres organismes unicellulaires) de même nature que ceux contenus dans les poissons.

Radio-Canada.ca avec

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