Mise à jour le vendredi 13 mars 2009 à 12 h 58
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Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot Monique Jérôme-Forget devant la commission des finances publiques |
Dans la première heure de la commission des finances publiques, Monique Jérôme-Forget s'est portée à plusieurs reprises à la défense de la mission de la Caisse de dépôt et placement, telle qu'elle a été définie par le gouvernement de Jean Charest en 2004.
La ministre a été assaillie de questions de la part du porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances et d'économie, François Legault. Ce dernier cherchait à savoir si le gouvernement considérait que la mission de rendement et celle de développement économique du Québec étaient sur un pied d'égalité dans la loi actuelle.
« Il faudra demander aux gestionnaires de la caisse comment ils ont interprété la loi », a répondu la ministre. Elle a ensuite ajouté que la Caisse de dépôt a des déposants qui lui commandent des rendements, mais que cela ne l'empêche pas de contribuer au développement du Québec.
Le ministre Legault a ensuite de demandé si les 17 % d'investissements dans les entreprises québécoises étaient suffisants, contrairement à 32 % avant le changement de la loi.
Monique Jérôme-Forget a martelé que ce serait une catastrophe de s'ingérer dans les décisions de gestions de la Caisse. « Si le gouvernement veut prendre des risques et investir l'économie du Québec, qu'il le fasse. Mais [dans le cas de la Caisse], nous parlons là de l'argent des épargnants. »
Et d'ajouter: « Si l'opposition pense que la Caisse a boudé les entreprises québécoises, qu'elle pose la question aux gestionnaires de la Caisse ».
Elle nie avoir su
Le porte-parole de l'ADQ en matière de finances publiques, M. François Bonnardel, a quant à lui voulu savoir ce que la ministre savait des rendements de la Caisse pendant la campagne électorale.
Mme Jérôme Forget a déposé une preuve spécifiant que les rendements des placements du gouvernement du Québec n'avaient diminué que de 8 % en octobre. Ce n'est qu'au retour de la campagne qu'elle a été mise au courant des pertes de la Caisse.
« Comme ministre, vous n'avez pas le droit de spéculer sur les pertes [comme l'a fait l'ADQ]. Vous avez un rôle de donner les chiffres tels qu'ils sont et de rassurer la population. »
Si vous pensez que la dame de fer a plié, elle a plié il y a une semaine.
— Monique Jérôme-Forget
D'entrée de jeu, Monique Jérôme-Forget a nié avoir fait volte-face en acceptant de témoigner devant une commission parlementaire. Selon elle, elle avait déjà accepté de le faire lorsqu'elle a promis une interpellation à l'Assemblée nationale la semaine dernière.
Prochaine étape
La commission parlementaire ajourne ses travaux jusqu'au dépôt du rapport annuel de la Caisse, prévu au plus tard le 15 avril. Ce sera ensuite au tour des actuels et anciens dirigeants de la Caisse, dont Henri-Paul Rousseau, et des déposants (Régie des rentes, CSST, SAAQ et autres sociétés publiques) de venir témoigner.
À cette occasion, Mme Jérôme-Forget sera de nouveau convoquée. Cette fois, elle devra consacrer 4 h à répondre aux questions de l'opposition.